By / 17th juin, 2018 / Standing Luberon / No Comments

Jusqu’au 23 septembre 2018
Hôtel de Caumont – Centre d’Art
On ne sait pas mais si le Luberon a attiré et attire encore bon nombre d’artistes et de peintres, Lagnes a été le lieu où Nicolas de Staël a établi son atelier et produit l’essentiel des toiles consacrée à la Provence et à la Sardaigne. Ce n‘etait que justice que la région lui rende hommage en rassemblant pour la première fois le résultat de ce foisonnement créatif.
Organisée par Culturespaces, l’exposition Nicolas de Staël en Provence se tient jusqu’au 23 septembre 2018 à l’Hôtel de Caumont – Centre d’art. A travers 71 peintures et 26 dessins provenant de prestigieuses collections internationales publiques et privées, cette exposition se concentre, pour la première fois et de manière exclusive, sur le développement de l’œuvre de Nicolas de Staël lors de son séjour en Provence, entre juillet 1953 et octobre 1954.

Nicolas-de-Stael-Paysage-Provence-1953

C’est au retour de ses promenades que Nicolas de Staël s’emparait fiévreusement de ses toiles en son atelier de Lagnes pour peindre à partir de croquis

La période provençale de Nicolas de Staël marque un tournant essentiel, aussi bien dans sa vie que dans son œuvre indique le commissariat de l’exposition.
« Entre juillet 1953 et juin 1954, l’artiste y puise une nouvelle source d’inspiration. La découverte de la lumière du Midi, la beauté exceptionnelle de ce pays, la rencontre amoureuse d’une femme et l’épreuve de la solitude qui lui permet de répondre à sa future exposition à New York à la galerie Paul Rosenberg, sont autant d’expériences qui nourrissent son imaginaire et le rythme spectaculaire de sa production artistique, une véritable fureur de peindre (voir la vidéo portrait de l’homme et de l’artiste). La renommée internationale de Nicolas de Staël prend son élan au cœur de la Provence. »

À Lagnes, en juillet 1953, le regard du peintre s’intensifie (voir video témoignage de sa petite fille). Les paysages sont saisis au plus près de leur motif avec une attention portée sur l’évolution de la lumière au fil de la journée. En août, le peintre voyage jusqu’en Sicile. Son appréhension des paysages, des sites archéologiques et des musées, lui permet, une fois de retour à Lagnes, de mettre en chantier une série de tableaux parmi les plus importants de sa carrière, notamment à partir des notes prises dans ses carnets à Fiesole, Agrigente, Selinonte et Syracuse. À la même époque, son intérêt pour l’étude du nu trouve son expression la plus accomplie dans les grands tableaux de figures et de nus qui dialoguent souvent avec le paysage.
Au terme de cette année intense de travail, le peintre a la certitude, en 1954, d’avoir donné le maximum de sa force.

Préparant son exposition à New-York, il écrit à Paul Rosenberg : « Je vous donne là, avec ce que vous avez, de quoi faire la plus belle exposition que je n’ai jamais faite. » L’exposition Nicolas de Staël en Provence rend compte des plus hautes envolées picturales du peintre. Ici, la précision d’un regard révèle la nature dans son expression la plus inventive indique le Centre d’Art, Hotel de Caumont.

Nicolas-de-Stael-Agrigente-1954,
Comment tout ce beau monde se retrouva dans le charmant et discret village de Lagnes, certes dans le parc du Luberon si préservé et pourtant tout proche de la très animée et provençale Isle-sur-la-Sorgue? Tout simplement parce qu’il y a là le domaine des Camphoux, la maison de Fernand et Marcelle Mathieu. Le poète René Char, natif de l’Isle, les considère comme sa famille d’adoption et il les présente ainsi à tous ses amis venus admirer les lieux: Georges Braque, Albert Camus, Nicolas de Staël, Martin Heidegger…
Avec Marcelle Mathieu, le poète parcourt les collines alentour. Au cabanon du Rébanqué, propriété des Mathieu, il écrit la seconde partie des Matinaux. Camus séjourne dans le Vaucluse du 17 au 26 octobre 1958 pour régler l’achat de sa future maison de Lourmarin. Et Nicolas de Staël peint fiévreusement de retour à l’atelier après avoir parcouru les collines alentour avec son carnet de croquis. Les lumières, les impressions, les couleurs sont gravées dans sa tête et restituées avec une force prodigieuse où la figuration s’estompe derrière l’éclat et la matière.

Nicolas de Staël à l’Hôtel de Caumont, Centre d’Art à Aix-en-Provence, Ouvert de 10 h à 19 h (21h 30 le vendredi). Entrée 14 euros et 7 euros (7-17 ans)